Haguro, le passage vers le monde des morts✿ Lecture : 16 min

Promenade entre les cèdres …
Afin de vous faire partager cette excursions qui nous a beaucoup fait rêvé, nous avons eu envie de vous en faire le récit sous une forme plus littéraire. J’espère que cette immersion dans l’aventure vous plaira ! Pour les informations pratiques, l’histoire et les légendes des trois monts Dewa, rendez-vous en fin d’article.

Pèlerinage sur les sentiers du mont Haguro

9h30, notre bus nous attend devant la gare de Tsuruoka. Le chauffeur, soucieux que ses deux nouveaux passagers ne comprennent pas sa langue, nous jette un regard inquiet, puis annonce nerveusement qu’en raison de la pluie, la ligne ne dessert pas le mont Gassan. Ce n’est pas notre destination. Après avoir rassuré notre interlocuteur, nous prenons donc place à l’arrière de notre carrosse, qui ne date pas d’hier. Quel triste temps. Le crachin ne nous a pas lâchés depuis que nous avons franchi le massif montagneux qui parcourt en son centre la région de Yamagata. Et il paraît que c’est comme ça depuis une semaine…

Coline se tourne vers moi un peu inquiète. Elle a prévu pour demain l’ascension du mont Gassan, mais vu la météo, cela risque d’être compromis. Je jette un œil par la vitre. Mon sentiment de la veille au soir se confirme. Occuper une journée entière dans ce patelin risque de ne pas être chose aisée.

Nous sommes quatre installés dans ce véhicule vétuste, en comptant le chauffeur. La grisaille, couplée au vide humain, donne à cet endroit un aspect de ville fantôme. Comme si des décors de cinéma avaient été laissés en plan, après utilisation, et n’attendaient plus le prochain tournage. Le bus serpente dans des rues désertes, où se côtoient des petits commerces éteints, ou qui ne tarderons pas à l’être.

Ce paysage, atypique après une année entière à Tokyo, commence pourtant à me paraître familier. Chaque bourgade que nous avons traversée depuis quelques jours souligne à quel point ce pays possède deux visages. De Shinjuku à ici, j’ai vu défiler un monde entre suractivité et oubli, dans lequel la plus grande mégalopole humaine partage le territoire avec des villes dépeuplées, victimes de crises économiques, laissées pour compte d’une société qui n’a que faire des retardataires. Dans un système aussi brutal et élitiste, les laissés pour compte, ceux qui n’ont pas eu la chance de trouver leur place ou qui se sont perdus en chemin peinent à survivre et à exister.

Nous empruntons une grande artère, qui nous mène vers la sortie de la ville. Le paysage commence à changer. Les commerces et stations essences marquent la fin de l’agglomération, et en quelques secondes, nous sommes au cœur des rizières. Les pousses, d’un vert encore vif en ce milieu d’été, bordent la route et couvrent l’horizon. Elles luisent sous la pluie, ondulent sous le vent. Un héron s’envole à l’approche du bruit de moteur, et rate sans doute son casse-croûte du matin.

La quiétude des campagnes a remplacé l’atmosphère déserte et pesante de la ville. Le même silence qui, ce matin, me semblait morose, est maintenant tout naturel. Chose intrigante, comme l’on juge inconsciemment quels lieux devraient être animés et quels autres devraient être calmes, dans quel endroit nous serions prêts à accepter le vide et dans quel autre il ne serait pas tolérable.

Une vingtaine de minutes de route, et nous entrons dans un hameau. Le genre de petit village japonais de campagne si photogénique, qui ravirait tout touriste se préparant à venir visiter le pays. De vielles maisons en bois noir, accolées les unes aux autres, où s’exposent bonzaï, ikebana, petites marres. Bordant la route, un chenal court de porte en porte ; je peux presque entendre le bruit de l’eau qui ruissèle entre les pierres. Nous approchons des monts Dewa. Après être passé devant plusieurs temples, le chauffeur annonce notre arrêt. Au cours du trajet, quelques voyageurs se sont joints à nous ; des retraités équipés de l’attirail du marcheur japonais : chaussures, bâton, k-way, sac-à-dos et chapeau. Nous appuyons sur le bouton pour descendre, puis quittons nos compagnons de route, pour nous retrouver à la lisière d’une gigantesque forêt de cèdres.

Trois édifices marquent l’entrée du mont Haguro : un torii1 de pierre, un petit sanctuaire, et une mon2 rouge sombre. C’est tout un comité d’accueil, qui laisse présager un domaine peu ordinaire. Sculptés dans les bois du sanctuaire, deux dragons nous saluent.

Après avoir jeté un coup d’œil à la carte devant l’entrée, nous traversons la porte et commençons à suivre les escaliers de pierre, qui descendent et plongent dans la profondeur des bois. En quelques marches, à peine, la route et les maisons extérieures disparaissent de notre vue. Nous sommes entourés d’arbres immenses, et de cette flore japonaise qui, luxuriante, envahissante, se déploie et se niche partout où l’homme ne lui empêche pas d’avancer. D’innombrables fougères et autres plantes forment un tapis vert qui invite à rester sur la voie, et à contempler les couleurs de la forêt dans la brume.

Une centaine de pas. Nous voici au fond du val. Cinq petits autels en bois, à l’air neuf mais pourtant recouverts en partie de mousse, se présentent à nous. Devant chacun, une pancarte indique à quelle divinité il est consacré, et les attributions de celle-ci. Je regarde derrière moi. Tout en haut de l’escalier, une lumière grise rappelle la porte qui marque l’entrée en un lieu sacré.

Pendant quelques mètres, le chemin est plat. Un petit pont de bois traverse un ruisseau, et mène à un autel isolé, sur un îlot de pierre. Au dessus de lui, une falaise où ruisselle un mince filet d’eau ; à côté, un arbre entouré d’une corde sacrée3. Plusieurs personnes prennent le temps de faire un crochet, jeter une pièce et adresser une prière. Puis le chemin continu et nous nous enfonçons encore dans la forêt.

Nous ne sommes pas nombreux ; il faut dire que ni la saison ni le temps ne se prêtent à la randonnée. Mais nous ne sommes, pour autant, pas seuls, et je suis étonné de trouver autant de monde, en ce lieu reculé. Quelques randonneurs équipés, des couples – jeunes ou retraités –, des familles. Là, un petit groupe d’enfant prend la pose devant le large tronc d’un cèdre gigantesque, sous les consignes de leur accompagnateur, qui les somme de garder leur calme. L’arbre serait millénaire – comme cet endroit. Quelle prouesse de longévité ! Je reste un moment à le regarder, puis je réalise que derrière lui se cache une autre célébrité du coin.

Au cœur de la forêt, dissimulée parmi les troncs massifs, une pagode à cinq étages flotte dans la brume. Imposante par sa structure et par la qualité de sa construction, cette haute tour de bois semble presque petite, à côté des arbres alentours. Le sentier nous mène en son pied, où s’amasse une petite foule. Voici donc la raison de notre bien hétéroclite compagnie : l’édifice, qui date de 1372, est pour la première fois ouvert à la visite. Sur la droite, un drôle d’échafaudage métallique permet d’accéder au premier étage, où sont exposées les reliques. La structure, et l’attroupement de personnes me refroidissent dans ma curiosité.  Nous donnons congé à la foule pour nous diriger vers la suite de notre ascension.

L’arbre millénaire devant la pagode

Je remarque, avec une légère satisfaction, que bon nombre de visiteurs rebroussent chemin après la pagode. Nous nous retrouvons donc presque seuls pour entamer une nouvelle série de marches en pierre – cette fois-ci en montée.

2446 marches qui sillonnent au cœur de la montagne. Quelques minutes seulement après avoir quitté la foule, c’est un tout autre sentier que nous arpentons. Le brouillard s’épaissit, s’insinue entre les cimes des arbres, et commence à donner aux alentours une aura mystique ; comme si les divinités elles-mêmes venaient nous accompagner dans notre effort.

A présent, le silence règne. Seuls résonnent au loin les gouttelettes de pluie sur la cime des arbres, et nos pas qui gravissent une à une les marches humides. Sur les côtés du sentier, de nombreux autels, identiques à ceux du début de la promenade, sont disséminés ; certains semblent s’être enlisés très loin dans la forêt.

Après une bonne heure de montée, nous aboutissons sur un plateau. Les marches hautes et succinctes ont laissé place à un chemin de pierre traversant les bois. La lumière du ciel gris, rempli de nuages, se fait plus visible au dessus de nos têtes. Nous approchons de la sortie, ou d’une clairière.

Sur notre gauche un petit chemin, ponctué de pas japonais, donne sur une grande porte. Je prends quelques photos de l’architecture, qui se dégage élégamment entre les arbres et la mousse. Puis, la curiosité me pousse à franchir quelques mètres pour rentrer dans l’enceinte. Je découvre une petite cour, dont trois cèdres et quelques lanternes en pierre forment le modeste décor. Une personne vêtue d’un habit blanc et munie d’un parapluie me dépasse et entre dans le temple un peu plus loin. La scène dégage quelque chose d’étrange, bien qu’elle soit, somme toute, normale au vu de l’endroit. Cette atmosphère, créée par le climat, la saison et l’histoire, ne me laisse pas indifférent.

Quelques dernières marches et nous passons sous un grand torii qui marque l’arrivée dans le grand sanctuaire du mont Haguro.

Devant nous, une vaste clairière, dans laquelle se dressent plusieurs édifices de tailles diverses. Les bâtiments en bois sont sculptés de décors majestueux, colorés et minutieux – un fabuleux bestiaire. Les dragons qui, ici aussi, s’agrippent autour des piliers, et s’enchevêtrent sous les toits, se joignent aux lanternes de pierre sur lesquelles court la mousse, pour séduire et enchanter des visiteurs, qui peuvent profiter d’un spectacle architectural et historique grandiose.

À ma gauche, le Sanjin-gôsaiden4 se dégage de l’ensemble. Son toit en chaume est immense, le détail des sculptures plus fin encore que sur les autres édifices. Deux komainu gardent l’entrée et s’assurent qu’aucun mauvais esprit ne vienne troubler la tranquillité des lieux. Face à eux, un étang, qui occupe le centre de la cour. Certains s’en approchent d’un air amusé : attirées par la pluie, des  petites grenouilles sont montées sur les piliers de pierre qui bordent la mare et toisent les passants, et leurs objectifs.

En retrait trône une grande cloche, communément appelée bonshô, protégée par une structure en bois. Mais rapidement, je porte mes pas un peu plus loin, interpellé par le décor coloré d’un sanctuaire annexe. Bordant une petite allée, des dizaines de moulins à vent, rouges, bleus et dorés, plantés à même le sol, guident le visiteur vers l’arrière du temple. Ici, à l’écart de la place principale, une scène que je n’avais jamais vue auparavant : sur un haut talus, aménagé d’un escalier, d’innombrables plaquettes de bois imitent le motif des moulins à vent, et se dressent, serrées les unes contre les autres, au milieu des herbes folles. Les kanji tracés à l’encre noire sur chacune d’elles, et les stèles de pierre qui font face à l’installation, laissent supposer qu’il s’agit d’ « itatoba », ces stupas japonais où l’on inscrit le nom post-mortem des défunts, selon la coutume bouddhique. Pourtant, la disposition de ceux-ci, et le petit « toit » qui surmonte une partie d’entre eux, soulèvent un doute sur leur fonction. Le lieu est impressionnant ; beau et étrange à la fois.

Au moment où, laissant les moulins à vents derrière nous, nous terminons notre visite par une succession d’autels en retrait, la pluie commence à se faire plus intense, puis se transforme rapidement en une violente averse. Nous décidons de quitter les lieux et nous diriger vers l’arrêt de bus, qui nous évitera d’emprunter le même chemin qu’à l’aller – vu les précipitations, celui-ci risque d’être glissant en descente.

Mais sur le parking, aucune place pour s’abriter – et notre bus n’arrive pas avant quarante minutes. Les restaurants ou autres échoppes de souvenirs sont bien en mesure de nous protéger, mais nous n’avons pas vraiment envie de consommer, et nous avons déjà acheté notre casse-croûte au konbini le matin.

Alors que nous errons comme deux âmes en peines, je repère un petit abri, derrière une boutique, où deux japonais semblent profiter d’un thé. Sur l’écriteau, les kanji me restent indéchiffrables. Mais Coline suggère que l’endroit est peut-être ouvert à tous. J’hésite une demi-seconde puis, n’ayant rien à perdre, je me dirige vers ces gens et leur demande s’il est possible de s’abriter ici un moment. L’homme, assez âgé, ne cache pas sa surprise. Est-ce due à l’objet de ma demande ou à mon japonais approximatif ? Mais avant qu’il ait le temps de répondre, la femme, de quelques années sa cadette, échange avec lui un regard amusé, et nous invite à prendre un siège. Tandis qu’elle nous prépare une tasse de thé, je comprends que nous sommes en compagnie du personnel du temple… Nous nous sommes peut-être même invités dans leur salon.

Pourtant, rapidement, la douceur des lieux et le parfum de nos infusions, faites de plantes médicinales cueillies dans la région, réchauffent nos corps. Nous nous laissons porter naturellement par la conversation. L’homme, entièrement vêtu de blanc, est un yamabushi5, habitué des monts Dewa. Son teint hâlé et son corps robuste, sculpté par la pratique de l’ascétisme montagneux, ne trahissent pas son âge. Les présentations faites, il prend ses aises et entame un récit. Tandis que ses mains s’activent à appliquer au fer chaud un énième marquage sur son bâton de marche, sa voix, grave et posée, nous transporte avec passion vers notre second voyage de la journée : l’histoire de trois monts, Haguro-san, Gassan et Yudono-san. Trois piliers du Shugendô6, courant religieux crée il y a plus d’un millier d’années, habités de légendes, de symboles, et de rituels.

Légendes et symboles des trois Monts Dewa

Cette partie est rédigée à partir du récit de notre hôte. Il s’agit d’une interprétation de ses explications, que nous avons voulu rigoureuse, mais qui n’exclut pas la possibilité de quelques erreurs. Nous comptons sur votre compréhension et espérons que vous apprécierez ce point de vue !
Mourir et renaître

Le mont Haguro, le mont Gassan et le mont Yudono. Le pèlerinage en ces trois montagnes sacrées est parfois appelé « voyage de la résurrection ». Par sa pratique, le pèlerin meurt spirituellement, pour renaître avec une âme purifiée.

Chaque montagne constitue une étape de ce processus.

Le Haguro-san est la plus petite des trois (414 mètres de haut). Son ascension, la première partie du pèlerinage, revient à mourir, à pénétrer dans le royaume des morts. Ainsi, d’après notre hôte, contrairement à la structure habituelle des temples et sanctuaires, le cheminement commence-t-il par une descente : avant de pouvoir travailler à élever son âme, il est nécessaire de plonger dans la mort, de descendre aux enfers.

Le Gassan, dans un second temps, correspond à la traversée du monde des morts. S’élevant à 1984 mètres, il est le plus haut des trois sommets ; un voyage difficile mais nécessaire à l’âme du pèlerin pour pouvoir se débarrasser de ses désirs.

Le Yudono-san, enfin, constitue la fin du parcours et évoque la réincarnation de l’individu, le recommencement d’une vie avec une âme purifiée : c’est une grande roche rouge, d’où jailli une eau chaude, pure, qui en est le symbole.

Prière d’un pélerin devant un autel

Cette interprétation de la symbolique des monts Dewa est la plus répandue. Elle s’est diffusée parmi le peuple depuis l’ère Edo, et serait même à l’origine de leur appellation : « de » (出) signifiant « sortir », et « wa » (羽) découlant de « ha », comme le mot « entrer » (入る, « hairu »). Il s’agirait de sortir de ce monde et d’y entrer de nouveau, ou, inversement, d’entrer dans l’au-delà et d’en ressortir7. Toutefois, pour notre interlocuteur, cette notion de purification de l’âme par la résurrection s’applique également à toute la pratique religieuse japonaise. Ainsi nous donnait-il l’exemple, avec amusement, des vœux que l’on fait généralement au temple ou au sanctuaire : secouer la cloche, ou formuler sur un ema, des souhaits parfois très matériels et concrets (réussir ses examens, obtenir une promotion, gagner de l’argent…) peut sembler anecdotique, mais en pénétrant dans l’enceinte d’un temple, et en y exprimant tous les désirs qu’il a sur le cœur, l’individu s’en débarrasse et ressort du lieu avec une âme plus pure.

Le présent, le passé, et le futur

Chacune des montagnes correspond également à une étape temporelle. Le Haguro représente le temps présent : on y formule des prières pour les âmes terrestres, et on accomplit les pratiques bouddhiques qui permettent d’améliorer la vie sur terre. Les cèdres gigantesques qui couvrent le ciel permettent de ressentir la force de la nature, la crainte envers celle-ci, et ainsi d’enrichir son âme et de gagner la détermination nécessaire à sa vie présente.

Le Gassan est la montagne du passé. Les habitants de la région ont, depuis des siècles, considéré que les âmes de leurs ancêtres reposaient en ses terres. Haute, majestueuse et magnifique, cette montagne aurait le pouvoir d’apaiser les âmes. On y prie donc pour les ancêtres et les défunts.

Enfin, le mont Yudono, pour la même raison qu’il est le mont de la renaissance, est aussi celui du futur. La source qui en jaillit est synonyme d’espoir et de naissance. On y prie pour l’avenir et pour la réincarnation.

La légende du dragon
Le dragon des monts Dewa

Le dragon est partout sur les édifices du mont Haguro. Il nous a accueillis dès notre arrivée, et nous l’avons retrouvé au sommet. Ce n’est pas particulièrement rare dans l’architecture japonaise, mais ici, sa présence a une symbolique bien particulière.

D’après la légende, le dragon des monts Dewa vit au mont Gassan, mais a ses racines dans le kagami-ike8, l’étang au sommet du mont Haguro. Il circule de l’un à l’autre de manière cyclique : faisant souffler le vent, il s’élève dans le ciel, puis il rassemble les nuages, fait tomber la foudre, et enfin redescend sur terre sous forme de pluie. Il pénètre alors dans le sol du mont Gassan, puis, sous terre, glisse jusqu’à l’étang de Haguro, d’où il pourra s’envoler de nouveau.

On peut prendre la légende au pied de la lettre, mais aussi l’interpréter comme l’expression des forces de la nature, du cycle de l’eau, et de l’énergie (気, ki) circulant entre la terre et le ciel. Dans le premier sanctuaire, deux dragons sont représentés : l’un descendant, l’autre montant. C’est le parcours du dragon, et, à travers lui, l’ensemble de ces concepts, qui sont évoqués.

Après ce récit, visiter l’ensemble des trois monts nous semblait d’autant plus attirant. Pourtant, la météo semblait compromettre nos plans. Par mauvais temps ou au cours de l’hiver, les monts Gassan et Yudono sont régulièrement fermés aux randonneurs. C’est la raison pour laquelle les divinités de l’ensemble des trois montagnes sont toutes inscrites au mont Haguro (dans le sanctuaire principal, Sanjin-gôsaiden). Ainsi, le yamabushi nous assurait-il que le mont Haguro était l’étape la plus importante et, comme s’il avait anticipé notre mésaventure du lendemain, nous confirmait qu’à elle-seule, cette ascension comptait déjà comme un petit pèlerinage.

Galerie :

En bref :

Le lieu : Mont Haguro (kanji : 羽黒山)

Site des monts Dewa : http://www.dewasanzan.jp/

Durée de notre visite : 1 journée

Transports (Depuis la gare de Tsuruoka) Prendre le bus, ligne « Haguro-Gassan », et descendre à Haguro-Zuishinmon. Environ 40 minutes de transport. Détails sur le site de la compagnie Shonai Kôtsu : http://www.shonaikotsu.jp/english/sp/tourism/haguro.html

Manger : Il est possible de manger au niveau du parking en haut de la montagne. Des boutiques de souvenirs vendent également les spécialités culinaires de la région.

Coup de cœur : Le sentier en pierre à travers la forêt de cèdres restera l’une des plus belles randonnées que nous avons eu l’occasion de faire au Japon. Le cadre et l’histoire des lieux sont incroyables.

  1. 鳥居 : portail marquant le seuil d’un espace sacré dans la religion shintô.
  2. 門 : littéralement : « porte » ; désigne l’édifice qui marque généralement l’entrée d’un temple.
  3. Shimenawa (しめ縄) : corde sacrée en paille de riz, dont la fonction est principalement de marquer le seuil d’un espace sacré.
  4. 三神合祭殿 : sanctuaire principal du mont Haguro, où sont inscrites les trois divinités des monts Dewa.
  5. 山伏 : pèlerin pratiquant le Shugendô.
  6. 修験道 : courant religieux syncrétique dont la pratique se cristallise autour du culte des montagnes.
  7. Source : le blog « Emishi no mori », URL : https://ameblo.jp/emishi-no-mori/entry-12216226864.html
  8. 鏡池 : litt. : « lac-miroir ».

4 Commentaires

  • Thibaut 2 mars 2019 at 22 h 34 min

    Superbe article, un endroit que je vais ajouter à ma liste de visite a faire.

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    • Coline 3 mars 2019 at 12 h 52 min

      Merci beaucoup, Thibaut. Tsuruoka est un peu difficile d’accès, mais ça vaut vraiment le détour, ainsi que les autres lieux que nous avons vu dans la préfecture de Yamagata : le mont Zao et Zao Onsen, le temple Yamadera et Ginzan Onsen (Tu peux retrouver notre itinéraire complet ici : https://futatabi.fr/2018/07/29/voyage-visite-tohoku-alpes-mer-japon/ ).

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  • Natalie 26 février 2019 at 15 h 02 min

    Merci pour ces superbes articles! J’ai beaucoup de jeunes personnes dans mon entourage qui souhaitent se rendre au Japon et je me fais une joie de leur partager votre site si bien documenté et intéressant.

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    • Sylvain 26 février 2019 at 17 h 05 min

      Merci à vous Natalie. Nous essayons de partager “à notre façon” nos expériences sur ce pays, et c’est un vrai plaisir de savoir que celles-ci sont lues et partagées à leur tour. Pour information, j’ai été guide sur Tokyo, et je le suis actuellement sur Kyoto. Si certaines de vos connaissances ont besoin d’aide sur la préparation de leur voyage (ou simplement des questions sur le pays), n’hésitez pas à nous contacter.

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