Le pouvoir des fleurs, une saison de hanami (2) : des cerisiers par milliers✿ Lecture : 15 min

絵に描くと劣るもの、撫子、菖蒲、桜。物語で愛でたしと言っている男女の容姿。1« E ni kakiotori suru mono, nadeshiko, saubu, sakura. Monogatari ni medetashi to ihitaru otoko onna no katachi. »
« Choses qui perdent à être peintes : les œillets, les fleurs de cerisier, de kerrie. Le visage des hommes ou des femmes dont on vante la beauté dans les romans.2Extrait des Notes de Chevet (枕草子), œuvre littéraire du XIème siècle, d’après la traduction française publiée aux éditions Gallimard. »

Sei Shônagon (966 – 1025)

 

Une semaine depuis la publication de mon précédent article ; la saison des pluies semble avoir pris ses congés en avance, pour laisser place aux chaleurs estivales. Le temps parfait pour rester au frais dans son salon, et se replonger dans les souvenirs de la douceur printanière.

Mi-mars, les derniers pruniers se dévêtaient de leurs pétales colorés, tandis que partout ailleurs, de nouveaux bourgeons concentraient toute l’attention. Voilà qu’approchait « le grand moment » ! Le temps fort de l’année japonaise, la crème de la crème des paysages nippons, le spectacle tant choyé par la population locale, et non moins fantasmé dans le monde entier.

Nous le constatons sans difficulté, ne serait-ce que dans notre entourage : au moment de choisir son moment pour venir au Japon, tous ceux qui le peuvent souhaiteraient faire coïncider leur voyage avec la floraison des cerisiers ; une tendance que les statistiques confirment, puisqu’il semblerait que, chaque année, le mois d’avril constitue l’un des trois pics de visiteurs étrangers (avec les mois d’octobre (sans doute pour le momiji) et de juillet (un mystère… !)). Un souhait qui ne se concrétise généralement qu’avec une certaine dose de chance, car la floraison est courte (le mankai3Floraison complète ; quand l’arbre est considéré comme étant à son plus beau. ne dure que quelques jours), et peut, chaque année, être en avance comme en retard – bien que la question soit facilitée par le fait que les premières estimations sont données environ trois mois avant l’évènement.

De manière un peu étonnante, lors de mon premier échange ici, la rédaction de mon blog s’est arrêtée au récit des jardins de pruniers. Après un printemps trop rempli pour trouver le temps d’écrire, le retour en France approchait, puis la motivation de reprendre la plume s’est lentement évanouie, laissant la page à l’abandon. Un récit de voyage au Japon qui s’interrompt exactement là où tout le monde attend la suite. Comme un roman qui se terminerait quand on s’attend à ce qu’arrive son point culminant. Comme le manga Nana dont – depuis l’adolescence – j’attends toujours le dénouement (ceux qui l’ont lu connaissent ce sentiment !). Pas d’élément de résolution, pas de situation finale. Peut-être, je dois l’avouer, avais-je été un peu déçue par les cerisiers. Après les magnifiques parcs de pruniers d’Osaka, il se peut que j’aie trouvé ceux-ci un peu fades, moins séduisants. Peut-être, aussi, les lieux que nous avions choisi – le parc surpeuplé du château d’Osaka, et les rives de la Yodogawa – n’étaient pas les plus intéressants. Et le passage d’un typhon sur le mont Yoshino deux jours avant notre visite ne devait pas, non plus, avoir joué en la faveur du paysage. Disons-le sincèrement, il se peut aussi que ce moment ait concordé exactement avec l’arrivée – dans une période charnière où la fin du séjour approche, mais où il faut encore se plonger dans les études pour un semestre – d’un léger sentiment de lassitude. Et puis, ma première année au Japon est celle où ont été ébranlées chacune de mes certitudes ; où dix années de passion autour d’un Japon romancé, ont été, sans ménagement, confrontées à une réalité bien plus nuancée. Dans un tel contexte, j’ai sans doute nourri un sentiment ambigu face à la concrétisation d’un symbole central comme celui des sakura, qui servent de cadre à tant de fictions consommées dans mon adolescence.

Une photo que je n’ai pas eu l’occasion de poster en 2013

Ainsi évoquais-je souvent ma préférence pour les paysages flamboyant de l’automne, plutôt que pour le hanami, que je trouvais un peu surcoté. Cependant, cinq ans plus tard, à la faveur d’un meilleur recul, de moins grandes attentes, et de toutes sortes de différences (pas les mêmes lieux, le même temps, la même compagnie, et que sais-je), j’ai pu revenir sur ce sentiment mitigé. Dans mon quartier de banlieue, comme en plein centre de Tokyo, en bord de rivière, ou au pied du mont Fuji, j’ai redécouvert la beauté des fleurs de sakura, la légèreté des pétales, la délicatesse des nuées roses pâles qui semblent flotter dans l’atmosphère, et le mystérieux tour de magie par lequel elles teignent le paysage qui les entoure de tendres couleurs pastels, du béton de la ville au bleu du ciel.

Je reprends donc, avec une satisfaction certaine, le récit là où, cinq ans plus tôt, je l’avais stoppé :

 

Fin mars – Avril : la floraison des cerisiers

 

Est-il nécessaire, tant celle-ci est connue, de rappeler la place majeure attribuée à la fleur de cerisier (桜, sakura) dans la culture japonaise ? Sujet privilégié de la poésie de l’ère Heian (794-1185), elle remplace rapidement la fleur de prunier dans la tradition du hanami (花見, litt : « regarder les fleurs »), qui se répand, au fil des siècles, de l’aristocratie à la classe guerrière, puis se démocratise auprès de l’ensemble du peuple à l’ère Edo (1603-1868). Elle traverse ainsi les époques, les classes sociales, mais aussi les genres artistiques – du waka4和歌, litt : « poésie japonaise » au nihonga5日本画, litt: « peinture japonaise ». Terme inventé à l’époque Meiji pour désigner la peinture dont les techniques ou thématiques affichent une descendance avec la peinture japonaise d’avant la modernisation ; par opposition au yôga (洋画, litt « peinture occidentale ») qui désigne les peintures japonaises d’inspiration occidentale comme par exemple la peinture à l’huile. moderne, en passant par l’ukiyo-e6浮世絵, désigne communément les estampes de l’ère Edo., les films d’animation, ou la chanson populaire. Ainsi la trouve-t-on sous le pinceau de Hokusai, comme sous celui d’Okumura Togyû, dans le film 5cm par seconde de Shinkai Makoto, ou chez les Morning Musume et les AKB48. Dotée d’une forte symbolique, elle sert à évoquer, selon les contexte, la beauté de l’éphémère et l’impermanence des choses (もののあはれ, mono no aware) – magnifique mais si courte, la floraison des cerisiers est souvent présentée comme une métaphore de la vie –, le cycle des saisons, le renouveau et le changement d’année scolaire (qui, ici, a lieu en avril)… En temps de guerre, elle allait aussi de paire avec l’idéologie militariste, quand on romantisait la mort de jeunes soldats en les comparant aux fleurs de cerisiers qui tombent aussitôt qu’elles sont épanouies.

Apparaissant aujourd’hui encore sur les visas japonais, la fleur de sakura est donc, dans l’imaginaire collectif, profondément associée au Japon et à sa culture.

 

Le quartier d’Ikegami, les sakura du voisinage

Cette année, notre expérience des cerisiers a commencé par l’étape la plus élémentaire : une promenade dans notre quartier. Partis le 19 mars pour Kyoto, nous avions passé quatre jours dans le Kansai à voir émerger des bourgeons, et, si les arbres étaient encore nus à notre départ, à notre retour, la floraison avait bien commencé. Ainsi avons-nous découvert les rues des alentours sous leur costume printanier. Et ces dernières avaient déjà beaucoup à offrir ! En bordure du petit canal qui traverse le quartier, et surtout au fameux temple Honmonji (qui, décidément, est plein de potentiel), dont l’enceinte s’était presque entièrement couverte de blanc. La vue sur sa pagode entourée de fleurs, en particulier, lui valait une petite réputation, qui attire sans doute chaque année un certain nombre de visiteurs.

C’est probablement le cas de nombreuses villes japonaises, mais les sakura sont plantés de manière si répandue – au bord des rivières, des lignes de train, près des écoles, dans les parcs, vers les édifices religieux – qu’il n’est même pas forcément nécessaire de se déplacer pour profiter du spectacle. C’est d’ailleurs pour cela que la floraison marque le quotidien de chacun. Au cours de la dizaine de jours qu’a duré l’évènement, la vie du quartier a suivi son cours normal, mais en se ponctuant de petits détours sur le chemin de l’école pour regarder les fleurs, de temps de jeu un peu prolongés pour les bambins, dans les squares où volaient les pétales, d’exclamations joyeuses devant l’élégance de la scène, à la fois rare et habituelle. Les promeneurs se sont faits un peu plus nombreux, et nous aussi sommes sortis – à la poste, ou faire les courses – un peu plus souvent.

 

Au coeur de Tokyo : la rivière Meguro….

Dans Tokyo, les endroits les plus célèbres pour voir les sakura sont sans doute le parc d’Ueno, la rivière Meguro, et Chidori-ga-fuchi7Aussi écrit Chidorigafuchi. près du palais impérial. La rivière Meguro, qui n’est pas très loin de chez nous, fut l’un des premiers lieux à afficher la mention « mankai » sur les sites de météo ou ceux dédiés au hanami ; aussi en avons-nous fait notre première destination. Arrivant par la ligne Asakusa, nous sommes descendus à la station Gotanda, où quelques cerisiers bordaient déjà le canal, et avons suivi les rives en direction de la station Meguro. J’avais choisi de procéder ainsi car je ne trouvais pas d’informations exactes sur l’endroit où se trouvaient les cerisiers, et pour cause : ceux-ci bordent la rivière sans interruption sur plusieurs kilomètres !

Ainsi, tout juste arrivés au premier pont à partir de la station de métro, alors que je pensais qu’il faudrait au moins marcher jusqu’à la gare suivante, rencontrions-nous déjà une foule de visiteurs installés pour photographier la vue. Les cerisiers, d’un blanc parfait, étaient couverts de pétales jusqu’à la cime, et laissaient, de chaque côté du canal, s’envoler lentement leurs fleurs, qui venaient former une écume éparse à la surface de l’eau. Nous poursuivions notre promenade sous les arbres et, tandis que nous changions de temps en temps de rive, comparant avec enthousiasme la blancheur lumineuse qui nous entourait de toute part avec un paysage de neige immaculée, nous commencions à nous étonner de voir se dérouler le chemin toujours plus loin à l’horizon. Un pont pour admirer le paysage, la route bordée de cerisiers, puis un pont à nouveau… de fil en aiguille, nous marchions trois kilomètres, jusqu’à parvenir à la station Naka-Meguro. Là, nous rencontrions des stands colorés, vendant boisson et nourriture, dont la présence ne trompe jamais : il s’agissait d’un matsuri8Festival. La nuit tombant, des lanternes accrochées aux arbres s’étaient illuminées d’un rose vif, et, autour de nous, la foule épaisse se déplaçait de stand en stand, beaucoup avec à la main un verre de rosé pétillant dans lequel flottait une fraise, le produit phare de la soirée (probablement une question de couleurs…).

Les illuminations des cerisiers de Meguro font partie des évènements classés comme “immanquables” quand on est à Tokyo au printemps. Pourtant, j’ai trouvé que les lanternes en plastique rose manquaient d’élégance (en journée également), et que le résultat n’était pas à la hauteur de sa réputation. Il faut dire, aussi, que nous avions beaucoup marché et que nous n’avons pas eu le courage de rebrousser chemin pour contempler les illuminations un peu à l’écart de la foule. De jour, en revanche, les cerisiers étaient majestueux, et la vue, bordée de part et d’autre de hauts immeubles dont le verre bleu résonnait délicatement avec le pastel des fleurs, était impressionnante.

 

… et Chidori-ga-fuchi

Le lendemain, la floraison, qui avance avec une rapidité impressionnante, s’était déjà étendue à l’ensemble de la ville et, après une visite du marché au poisson et de la gare de Tokyo le matin, nous décidions de rester dans les environs et nous dirigions vers le célèbre spot de Chidori-ga-fuchi, en espérant pouvoir pique-niquer sous les cerisiers. Cependant, le trajet jusque là-bas fut une série d’imprévus un peu décevants. Tout d’abord, la vue sur les pins devant le palais impérial était gâchée par de grands panneaux blancs installés à l’occasion de travaux. Nous sommes ensuite tombés sur une longue file de gens marchant en direction de l’entrée du palais, et les avons suivi, pensant qu’ils se rendaient au parc, mais il s’agissait en fait d’une ouverture exceptionnel de l’un des jardins du palais. Après avoir fait contrôler nous sacs, nous nous retrouvions ainsi dans un espace somme toute assez banal, sans le moindre cerisier, et où il était en outre interdit de manger. La marche au milieu de retraités qui semblaient, de leur côté, réellement enthousiastes de découvrir une partie de la résidence impériale, n’était pas dénuée d’intérêt d’un point de vue culturel – cela mettait un peu en lumière le rapport qu’entretien une partie de la population japonaise vis-à-vis de la famille impériale –, mais affamés, et sous un soleil brulant, nous accélérions le pas vers la sortie opposée. Là, alors que nous pensions pénétrer dans un parc, nous nous retrouvions au bord d’un grand axe routier, où quelques promeneurs, en désespoir de cause, s’étaient installés à l’ombre pour manger. Nous poursuivions notre route et accédions enfin à un coin de verdure, donnant sur le fameux point de vue que nous recherchions. Au loin. Avec, au premier plan, l’autoroute.

Heureusement, après ces péripéties, nous avons pu manger tranquillement, puis nous diriger vers les sakura, qui étaient plus roses que ceux de la veille, et peut-être encore plus grandioses. Ici aussi, les visiteurs étaient nombreux. En chemin, nous croisions un groupe de collégiennes qui profitaient de l’afflux de touriste pour un devoir d’anglais, et nous interrogeaient donc dans la langue de Shakespeare sur notre expérience ici. Venue à la recherche d’un parc, j’étais un peu déçue de me retrouver, finalement, à longer à nouveau une rivière. Mais celle-ci étant bien plus large, moins emmurée, d’une couleur plus bleue que celle de Meguro, le spectacle était très différent, et je suis contente d’avoir pu voir les deux. Nous terminions le trajet au – controversé et controversable – sanctuaire Yasukuni, connu pour ses sakura, mais dont ceux-ci ne nous ont pas semblé exceptionnels.

Le lendemain, toujours accompagnée de ma sœur et son mari, je finissais mon aventure tokyoïte des cerisiers par une visite à Enoshima, puis au sanctuaire Hachiman-gû de Kamakura, où, bien que n’étant pas l’attraction principale, les cerisiers donnaient encore une saveur particulière au lieu.

 

Kawaguchi-ko : la floraison tardive au pied du mont Fuji

J’ai évoqué la question en début d’article : la saison des sakura, si on la situe généralement début avril, peut en réalité différer de plusieurs semaines. Ainsi était-elle particulièrement en avance cette année. Ayant débuté aux environs du 24 mars à Tokyo, elle était terminée depuis près de dix jours lorsque le père de Sylvain – dont les dates de voyage étaient pourtant calculées pour correspondre à l’évènement – est venu nous rendre visite. Que ce soit près de chez nous, en centre-ville, dans des lieux plus en altitude comme le mont Takao, rien à faire. Même les variétés tardives du Shinjuku Gyôen – dont les fleurs, ornées de nombreux pétales, forment des boules assez différentes des espèces classiques – avaient commencé à sortir leurs feuilles.

Ainsi, nous sommes le 11 avril ; toute la région du Kantô est occupée par les cerisiers en feuilles… Toute ? Non ! Un petit village d’irréductibles Gaulois sakura résiste toujours à l’envahisseur. Kawaguchi-ko. Les sites de prévisions-sakura (ça me semble être le terme exact, puisqu’ils fonctionnent précisément à la façon des sites de prévisions météo) laissent entrevoir un espoir, en affichant encore le logo à cinq pétales sur la célèbre ville au pied du mont Fuji.

Je suis déjà allée à Kawaguchi-ko ; il y a cinq ans, au début du mois d’août, pour suivre Sylvain dans l’ascension du mont Fuji. Or, le ciel était, ce jour-là, si nuageux qu’on ne voyait même pas la base de la montagne, et la ville, à l’image des cités balnéaires construites uniquement pour le tourisme, ne nous avait pas fait forte impression. Aussi étions-nous tous les deux un peu réticents à y retourner uniquement pour les cerisiers. Cependant, nous avons pris la peine de choisir, cette fois, une journée bien dégagée (en vérifiant le matin même que le Fuji n’était pas couvert, grâce aux caméras en direct disponibles sur internet), et ce fut finalement l’une de nos plus belles excursions de l’année.

Le trajet jusqu’à Kawaguchi-ko, déjà un peu long en temps normal (environ 2h de bus depuis Shinjuku) ne fut pas facilité : en nous présentant au guichet vers 9h30, tous les bus étaient déjà réservés jusqu’à 14h ! Nous ne l’avions pas anticipé, mais il était logique que la plupart des touristes venus spécialement pour les cerisiers se rendent aussi là-bas, puisqu’il s’agissait du dernier spot connu de la région. Nous nous sommes rabattus sur le train, ne prenant pas le Limited Express car cela nous aurait fait attendre pour la correspondance, et donc arriver finalement à la même heure, et avons mis près de 3h à rallier le terminus. Cependant, le voyage, entre les Alpes japonaises, et passant notamment par la ville de Takao, regorgeait de beaux paysages, et seule la dernière heure, dans un train local lent et plein à craquer, nous a paru un peu longue. Arrivés sur place, la foule, extrêmement nombreuse, s’est rapidement dispersée (il faut dire que la circonférence du lac est suffisamment grande pour que l’on ne se marche pas les uns sur les autres), et nous avons pu profiter tranquillement de la visite. Le mont Fuji était magnifique, encore couvert de neige en son sommet, et les cerisiers, nombreux et à leur plus beau. Les prévisions ne s’étaient pas trompées ! Nous avons emprunté le pont pour rejoindre la rive nord, et ainsi profiter de la vue, unique, sur les arbres, le lac, et, en arrière-plan, le volcan.

Après avoir longé le rivage, j’ai voulu nous amener au sanctuaire Asama (浅間神社) dont j’avais vu de belles photos sur internet. Suivant l’itinéraire indiqué par l’office du tourisme, nous nous sommes éloignés du lac pour nous enfoncer un peu dans les rues du nord de la ville ; l’occasion de découvrir un paysage rural fait de petites maisons et de champs cultivés, plus charmant que la zone entourant la gare. Une fois arrivés au sanctuaire cependant, rien de similaire aux photos que j’avais vues ; et pour cause : nous étions au Kawaguchiko-Asama jinja (河口湖浅間神社), et non au Fuji-Omuro-Sengen jinja (富士御室浅間神社) – dont les quatre derniers kanji sont les mêmes (bien qu’ils ne se prononcent pas pareil), mais qui, lui, se trouve sur la rive Sud. Sans regret, car le lieu était tout de même joli, nous sommes, pour finir, retournés prendre le bus près du lac, croisant sur notre route quelques collégiens qui rentraient gaiement chez eux dans les rayons dorés du soleil couchant – finissant ainsi la journée sur un véritable paysage de carte postale.

Ainsi se terminait notre épopée des fleurs de cerisiers – du moins, pour l’année 2018. Mais, de retour à Tokyo, les azalées faisaient, à leur tour, leur apparition dans nos rues, et nous pressentions que la saison des floraisons était encore loin d’être finie !

Galerie :

Notes   [ + ]

1. « E ni kakiotori suru mono, nadeshiko, saubu, sakura. Monogatari ni medetashi to ihitaru otoko onna no katachi. »
2. Extrait des Notes de Chevet (枕草子), œuvre littéraire du XIème siècle, d’après la traduction française publiée aux éditions Gallimard.
3. Floraison complète ; quand l’arbre est considéré comme étant à son plus beau.
4. 和歌, litt : « poésie japonaise »
5. 日本画, litt: « peinture japonaise ». Terme inventé à l’époque Meiji pour désigner la peinture dont les techniques ou thématiques affichent une descendance avec la peinture japonaise d’avant la modernisation ; par opposition au yôga (洋画, litt « peinture occidentale ») qui désigne les peintures japonaises d’inspiration occidentale comme par exemple la peinture à l’huile.
6. 浮世絵, désigne communément les estampes de l’ère Edo.
7. Aussi écrit Chidorigafuchi.
8. Festival

7 Commentaires

  • Le pouvoir des fleurs, une saison de hanami (3) : Iris, azalées, hortensias… le grand bouquet final – ふたたび 22 juillet 2018 at 14 h 06 min

    […] sorties au cours de ces derniers mois. Après le lever de rideau des pruniers, puis la grandiose parade des cerisiers, la voie était ouverte à toutes les floraisons. Camélias, tulipes, iris, glycines… […]

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  • hellomacoomb 13 juillet 2018 at 17 h 22 min

    Bonjour Coline,

    Tout d’abord, désolée pour le retard ! Je suis bien occupée ces derniers jours car, moi aussi, je m’apprête à venir vivre au Japon… haha 🙂
    Quoiqu’il en soit, très bel article ! Je n’avais jamais fait attention au mot hanami, j’avais enregistré que c’était lié à la floraison au printemps, mais quand tu as écrit les kanjis, j’ai enfin compris la logique haha, merci ! Belles photos aussi 🙂
    Merci de nous partager ton expérience et les endroits que tu as aimés (ou pas), ça donne envie d’assister à tout ça…
    J’ai bien hâte de lire ton prochain article ! Bonne continuation !

    PS : Je compatis à ta douleur pour Nana…

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    • Coline 15 juillet 2018 at 4 h 34 min

      Salut !
      Merci pour ton commentaire 🙂 Je viens de voir ta vidéo sur Youtube, alors tu viens en PVT ? Tu as prévu de rester dans une ville en particulier ?
      Oui, c’est vrai que beaucoup de mots prennent du sens quand on voit les kanji ^^ ça aide parfois à retenir le vocabulaire. Mais malgré tout, Sylvain continue de s’embrouiller quasi-systématiquement entre “hanami” et “hanabi” (花火, les feux d’artifice) 😀

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      • hellomacoomb 27 juillet 2018 at 16 h 47 min

        Je pensais pas que tu savais que j’avais une chaîne (médiocre) Youtube hahaha mais oui je viens en PVT et je vais essentiellement passer mon temps à Tokyo car c’est là que j’y travaillerai. Mais je pense, bien sûr, faire des voyages pour découvrir le reste de l’archipel 🙂
        Ah oui, des mots sont vraiment pas évidents ! Je ne connais pas les kanjis, mais pendant longtemps je ne comprenais pas la distinction à l’oral entre yume et yuumei… haha

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        • Coline 31 juillet 2018 at 11 h 00 min

          J’ai vu que tu avais une chaine youtube sur ton compte instagram 🙂 J’aime bien tes vidéos, j’espère que tu auras l’occasion d’en faire d’autre pendant ton PVT 😉

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  • Marie 5 juillet 2018 at 19 h 45 min

    Lecture bien agréable ! Belles descriptions et assertions pleines de sel ! Bravo

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    • Coline 6 juillet 2018 at 1 h 18 min

      Merci beaucoup !

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