20ème exposition DOMANI : figures montantes de l’art contemporain japonais✿ Lecture : 13 min

En ce moment, et jusqu’au 3 mars, se tient au Centre National des Arts de Tokyo (国立新美術館), vers Roppongi, la 20ème exposition « DOMANI : The Art of Tomorrow ». Ouverte annuellement depuis 1998, celle-ci met à l’honneur une sélection d’artistes contemporains japonais ayant séjourné à l’étranger dans le cadre du « programme d’études à l’étranger pour les jeunes artistes » (新進芸術家海外研修制度 / Program of Overseas Study for Upcoming Artists) de l’Agence pour les Affaires Culturelles (文化庁). Avec pour objectif affiché de donner de la visibilité et de regrouper les artistes qui, pour reprendre les termes du site officiel, « portent sur leurs épaules l’avenir de la scène artistique japonaise »1« 未来を担う美術家たち », http://domani-ten.com/about, l’exposition Domani a, depuis 2010, rassemblé plusieurs des noms relativement médiatisés en France ces dernières années : Kobayashi Takanobu, Kondoh Akino, Machida Kumi, ou encore Ikeda Manabu2Ces noms sont apparus, entre autres, dans l’ouvrage Nouvelle Garde de l’art contemporain japonais, publié en 2011. Cette année, le sous-titre de l’exposition est « Mémoires de passagers » (寄留者(パサジェ)の記憶 // memories of “passagers”).


Le Centre National des Arts, au cœur d’un nouveau pôle tokyoïte d’art contemporain

Station de Roppongi, en plein cœur de Tokyo. A l’écart de Ginza, centre du marché de l’art depuis les années 19103Voir : Cléa Patin, La fabrique de l’art au Japon, CNRS éditions, 2016, p. 127, ce quartier est l’un des nouveaux pôles artistiques qui ont émergé dans la capitale depuis 1990. Il abrite en son sein de nombreuses galeries, dont Perrotin et Tomio Koyama, et s’articule autour de trois établissements phares de l’art contemporain : le musée Mori, situé au 53ème étage de la tour Roppongi Hills, Tokyo Midtown qui abrite le musée Suntory et 21_21 Design Sight, et le Centre National des Arts (Shin-bijutsukan) – un trio aujourd’hui nommé « le Triangle de l’Art », qui contribue au développement d’une vie culturelle prolifique dans le quartier, par la mise en place de tarifs groupés ou l’organisation d’évènements comme la Roppongi Art Night.
Contrairement à ses acolytes – Tokyo Midtown et Roppongi Hills –, qui sont des gratte-ciels, le Centre National des Arts apparaît comme un bâtiment tout en longueur et en souplesse. Son atrium de vingt mètres de haut – une gigantesque façade de verre, ondulée, accolée à l’ancien bâtiment militaire qui abrite désormais le musée – est représentatif des idéaux de son architecte. Kurokawa Kishô (1934 – 2007), l’un des fondateurs du mouvement métaboliste, prônait une architecture aux formes organiques, inspirée de la biologie, mais mettant à profit les techniques de construction les plus modernes, dont l’utilisation du béton brut4Voir cet article du Monde : http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2007/10/20/kisho-kurokawa_969278_3382.html. Héritées d’une époque où les architectes devaient répondre à la problématique de l’accroissement constant de la population – ce qui n’est plus le cas aujourd’hui au Japon –, ces idées se reflètent dans l’atrium de verre qui, bien qu’il n’en ait que l’apparence,  évoque la souplesse, l’élasticité, que l’on retrouve dans les projets utopistes du mouvement métaboliste5Voir : http://www.fgautron.com/weblog/archives/2007/06/06/les-metabolistes/. L’idéal d’adaptabilité se retrouve, quant à lui, dans l’organisation du musée, qui se distingue par son absence de collection permanente : composé de grands espaces amovibles, il a, en effet, vocation à accueillir des expositions temporaires de divers conservateurs, et d’associations d’artistes.

Interminable vague semblant fondue entre la ville et le ciel lorsqu’on l’observe de l’extérieur, le bâtiment est plus impressionnant encore lorsqu’on y pénètre. J’apprécie particulièrement le premier étage, qui donne vue, à la manière d’un caléidoscope, sur les quartiers résidentiels alentours – l’ambiance varie grandement selon le temps et l’heure du jour –, tout en permettant d’apprécier les déplacements sereins des visiteurs en contrebas, et la surprenante brasserie installée sur un cône de béton inversé. Du côté des salles d’exposition, le mur est supplémenté de lattes de bois verticalement alignées, qui ajoutent à l’harmonie organique/technique et contrastent par leur luminosité chaleureuse avec le bleu de la paroi extérieure.

 

L’exposition DOMANI, des œuvres d’art pour tous les goûts

Située au premier étage du musée, l’exposition Domani débute, cette année, par l’entrée dans une petite pièce consacrée à une rétrospective, apparemment conçue pour célébrer le 20ème anniversaire de l’évènement. Les 19 affiches précédentes regardées, et quelques catalogues feuilletés, on passe la billetterie pour pénétrer dans l’exposition même, qui est organisée de la manière la plus classique : 11 artistes, répartis dans 11 salles – une salle, un artiste, donc –, avec à l’entrée de chacune un court encart biographique, et quelques lignes, rédigées apparemment librement par chaque artiste. De salle en salle, peu de fil directeur ; le thème de cette année, « Mémoires de passagers », pensé en accord avec l’expérience des créateurs en tant que « passagers » à l’étranger, est évoqué par certains – Tanaka Makiko mentionne par exemple l’influence de son séjour français sur son travail qui, passé de peinture en grand format à illustration minimaliste de taille réduite, semble avoir effectivement évolué de façon drastique –, mais la plupart présentent plutôt leurs recherches récentes et leurs points d’intérêt en tant qu’artiste. Devant ces multiples démarches, que l’on découvre donc pièce par pièce, finalement plus comme une succession de courtes expositions individuelles que comme un ensemble suivant une thématique définie, j’apprécie  la variété des points de vue offerts. L’exposition a le mérite de présenter un panorama diversifié des pratiques artistiques et des préoccupations de la génération (les artistes sont tous dans leur trentaine/quarantaine) qu’elle fait figurer. Parmi ces travaux, trois ont particulièrement retenu mon attention.

 

Nishio Yoshinari (西尾美也), « Self Select »

Nishio Yoshinari fait partie des artistes dont le travail résonne fortement avec la thématique de la vie à l’étranger, au cœur du projet « Domani ». Né en 1982, il met au centre de son œuvre un concept qui peut sembler à la fois anecdotique et surprenant : l’artiste arpente des villes du monde, en interpellant les passants dans leur langue natale, afin de leur demander d’échanger leurs vêtements, pour prendre une photo. L’opération, déjà menée dans quatre villes (en France, au Kenya, au Bénin et en Nouvelle-Zélande), prend pour cette exposition une dimension un peu différente : ici, Nishio laisse son rôle à David Omondi Wagude, qui l’assistait dans ses recherches durant son séjour à Nairobi, afin de réaliser l’expérience dans Tokyo. De part et d’autre de la salle sont exposées les photos, placées côte à côte, de Omondi et des personnes ayant accepté de participer, chacun dans les vêtements de l’autre, tandis que sur un mur central est diffusé le tournage, « coulisses » des clichés.
En pénétrant dans la pièce, j’ai regardé d’un œil distrait les photos, sans leur accorder d’importance particulière. En revanche, la bande-son de la vidéo, où l’on pouvait entendre une voix d’homme interpeller, dans un japonais un peu approximatif, « すみません、時間がありますか » (« Excusez-moi, est-ce que vous auriez un peu de temps ? »), a progressivement attisé mon attention. Je n’avais pas la vidéo sous les yeux, mais entendant cette phrase répétée de nombreuses fois, sans percevoir de réponse, j’imaginais les nombreux refus que l’homme avait essuyé. Moi-même, qui fais en ce moment l’expérience d’être étrangère dans ce pays, et des difficultés et inquiétudes parfois ressenties pour communiquer avec les locaux, je m’approchais de la projection avec une certaine appréhension. Alors, je regardais Omondi persévérer dans sa quête de partenaires. « Excusez-moi, est-ce que vous auriez un peu de temps ? J’aide un ami pour un projet d’art. ». Les refus sont généralement plus polis que je ne l’avais craint ; certains n’interviennent qu’après l’explication du procédé – on imagine la gêne éprouvée à l’idée d’échanger ses vêtements avec un inconnu. Puis, après un certain nombre d’échec, quelqu’un accepte. Devant l’écran, je me sens reconnaissante, contente pour Omondi. Vient alors le processus d’échange : la différence de taille, de style, de genre, fait ressortir le comique de la situation. On sourit. Après ce premier succès, l’expérience prend un aspect plus ludique ; on a hâte de voir qui sera le prochain à adhérer au projet. Les refus sont nombreux, mais la satisfaction et l’amusement éprouvés à chaque échange compense, en tant que spectateur, la frustration.
Finalement, je pense avoir passé un long moment devant la vidéo – je ne parvenais pas à décrocher, je voulais absolument faire la rencontre de la prochaine personne qui se prêterait au jeu. Je me suis interrogée : dans mon propre pays, aurais-je accepté d’échanger mes vêtements ? Au Japon, serais-je capable d’aborder ainsi les passants dans la rue ? La réponse aux deux questions était probablement non. Et pourtant, en me renvoyant, à travers la mise en place de cette expérience dans le pays où je vis moi-même en tant qu’étrangère, à ma propre situation, l’artiste m’a fait prendre conscience des barrières que l’on se met, que l’on met aux autres, dans les interactions humaines, et de la possibilité de dépasser celles-ci.
Au centre de la pièce était, d’autre part, installé dans un petit compartiment un projet exposé en 2012 à Londres, faisant figurer le journal d’Omondi, du jour où il avait été invité par Nishio à l’accompagner en Angleterre pour son projet artistique, jusqu’à celui où il s’était vu refuser le visa pour celui-ci, sous prétexte qu’il « risquait de séjourner illégalement après l’expiration de son visa ».
« Self Select » est pour moi une démarche qui, à travers une action à priori anecdotique – porter les vêtements d’un inconnu –, interroge avec pertinence, et une pointe d’humour, certaines problématiques profondément ancrées dans notre époque.

Nishio Yoshinari, « Self Select: Nairobian in Tokyo », 2017

 

Amemiya Yôsuke (雨宮庸介), « Swan Song A »

Ce qui m’a plu dans le projet d’Amemiya, c’est son humour impertinent. En entrant dans la pièce sombre consacrée à cet artiste, je n’ai pas vu d’œuvre d’art, mais plutôt un bric-à-brac qui ne semblait pas avoir d’unité particulière, et un homme assis par terre, adossé au mur, un stylo à la main. J’ai bien sûr pensé aux artistes qui s’installent au cœur de leur œuvre et font de l’interaction (ou, souvent, la non-réaction) avec le spectateur la clé de leur performance… mais, franchement, nous étions bien loin de la mise en scène de Marina Abramovic dans sa robe rouge, et je me demandais si la personne assise là n’était pas un simple visiteur. Je ne voyais pas d’œuvre dans la pièce, du moins pas d’œuvre finie, et pour cause : Amemiya Yôsuke a décidé de prendre le nom de l’exposition au pied de la lettre. Dans l’encart, il explique : « Comme j’avais l’impression que de venir avec des pièces que j’ai créées dans mon studio correspondait plus à « l’art d’hier » qu’à « l’art de demain », j’ai voulu m’atteler sérieusement à concevoir un plan d’exposition où je parlerais bien de « demain » et du « futur ». Ainsi, pour cette exposition, je serai dans la salle entrain de pratiquer et de roder des textes pour décider d’une partie de la dernière œuvre que je créerai dans ma vie. »6« スタジオで作ったものを持ってくるだけだと「明日展」というより「昨日展」という感じがしたので、どうせならちゃんと「明日」や「未来」を語るための展示をしたいと考えました。そこで、今回は展覧会場で「人生で一番最後に作る作品の一部を決めるための練習や推敲をしている」予定です。 », extrait de l’encart descriptif de la salle consacrée à Amemiya Yôsuke.. Il ne manque pas, au passage, de se moquer gentiment de l’exposition même : « Je ne sais pas qui a décidé du titre de cette exposition, « Domani : l’art de demain », où le mot « demain » en italien est combiné avec « l’art de demain ». Je ne sais pas si je suis censé en rire, donc je vais garder un visage sérieux pour cacher ce que je ressens vraiment.7« 誰が決めたのか「DOMANI・明日展」という「明日」というイタリア語に「明日展」とかぶせる「孤独なロンリーボーイ」状態を、笑っていいのかわからぬまま、それを隠すようにしかめっ面をしているところです。», extrait de l’encart descriptif de la salle consacrée à Amemiya Yôsuke. »

L’impertinence me fait rire de bon cœur, et la pertinence me surprend suffisamment pour que, si je ne trouve pas grand-chose à regarder dans la salle, l’œuvre « en construction » me marquera autant – plus ? – que la plupart des œuvres achevées de l’exposition. L’artiste invite en outre le spectateur à s’adresser à lui pour savoir où en est son projet, mais ma timidité aura raison de ma curiosité, et sans oser m’attarder, je me dirige vers le compartiment suivant ; non sans contempler d’abord quelques minutes sur les sculptures de pommes fondues disposées sur l’un des cartons, pièces qui ont contribué, ces dernières années, à faire connaitre l’artiste.

Vue du travail d’Amemiya Yôsuke pour l’exposition Domani, 2018

 

Nakatani Michiko (中谷ミチコ) et ses corbeaux de résine

Le parcours parmi les onze artistes sélectionnés pour cette exposition se terminait par les travaux de Nakatani Michiko. Si ceux-ci sont, dès l’entrée dans la pièce, un ravissement pour les yeux – de délicates représentations d’oiseaux noirs sur toiles blanches, dans des scènes oniriques oscillant entre douceur et cauchemar –, la démarche de création retient autant l’attention que le résultat final. En effet, bien qu’à première vue, les œuvres semblent relever du domaine de la peinture, l’artiste est en fait sculptrice. « D’abord, je fais une sculpture avec de la glaise. »8« まず粘土で彫刻を作ります。», extrait de l’encart descriptif de la salle consacrée à Nakatani Michiko.. Quand Nakatani obtient la sculpture qui lui convient, après l’avoir modelée en l’humidifiant, elle en fait un moulage en plâtre. Lorsque celui-ci est sec, elle retire la glaise, et la mouille à nouveau, faisant ainsi disparaître la sculpture originale. « La sculpture de terre qui existait ici disparaît, et ce qui reste n’est que la trace de ce qu’il y avait. Le vide. »9« そこに存在していた土の彫刻は姿を消し、残るのはそこにあったものの痕跡。空虚。», extrait de l’encart descriptif de la salle consacrée à Nakatani Michiko.. Enfin, l’artiste remplit le moule ainsi formé de résine mélangée à des pigments noirs.
Le résultat obtenu, avec un noir plus ou moins intense selon la profondeur du moule, est superbe. Pourtant, lorsqu’on s’approche et qu’on réalise que les formes sont inversées, que le visage de l’enfant, par exemple, est creux, l’image est dérangeante, un peu douloureuse.

La démarche de Nakatani évoque, pour moi, les travaux récents de plusieurs autres artistes japonaises. Les principaux éléments et thématiques de l’image – le personnage enfant-fille, la métamorphose ou l’absorption par  les animaux – se retrouvent de manière récurrente, par exemple chez Kônoike Tomoko. La notion de disparition de la sculpture originale rappelle, quant à elle, les œuvres évanescentes en naphtaline de Miyanaga Aiko, qui elle aussi procède d’ailleurs par moulage. Mais dans sa pratique même, l’artiste semble s’inscrire dans un mouvement plus large de redécouverte des formes les plus classiques de création, que sont la peinture et la sculpture. Tandis que la création contemporaine a désormais accès à tous les moyens d’expression possibles et imaginables, il y a, selon moi, au Japon, depuis près de vingt ans, de nombreux artistes qui ré-explorent le potentiel de ces techniques traditionnelles. Ce mouvement se caractérise notamment par l’apparition d’un nihonga10Littéralement, « peinture de style japonais ». contemporain, qui réinvente les codes et techniques de ce genre, pour tenter de l’adapter aux problématiques artistiques du XXIème siècle. En brouillant les pistes entre tableau, sculpture, et pratiques créatives contemporaines, Nakatani participe, d’après moi, de ce mouvement, et vient enrichir la réflexion engagée par sa génération sur les modalités des œuvres contemporaines.

Vue des œuvres de Nakatani Michiko pour l’exposition Domani, 2018

Après la visite de l’exposition, j’ai pu profiter des salles du rez-de-chaussée, occupées par des associations d’artistes, plus jeunes et moins connus, parfois encore en formation, ainsi que des nombreuses galeries avoisinantes. La configuration de Roppongi comme nouveau pôle culturel de la capitale – en outre proche de cet autre centre qu’est le quartier d’Aoyama –, permet de se créer facilement un itinéraire afin de voir un maximum d’expositions dans la journée. Perrotin, Koyama Tomio, mais aussi Kiyoshi Art, ou encore Shinseido, les galeries diverses et variées ne manquent pas, et pour pouvoir allonger au maximum la journée, je recommande de prévoir ce genre de sortie un vendredi : à la veille du week-end, la plupart des établissements allongent leurs horaires jusqu’à 20h, voire 21h ! Un avantage non-négligeable, et que, de mon côté, je mets à profit pour les visites à Roppongi mais aussi partout ailleurs dans Tokyo, comme lorsque je suis allée au musée Métropolitain d’Ueno voir l’exposition « Van Gogh et le japonisme », dont j’espère parler ici bientôt.

Galerie :

Notes   [ + ]

1. « 未来を担う美術家たち », http://domani-ten.com/about
2. Ces noms sont apparus, entre autres, dans l’ouvrage Nouvelle Garde de l’art contemporain japonais, publié en 2011
3. Voir : Cléa Patin, La fabrique de l’art au Japon, CNRS éditions, 2016, p. 127
4. Voir cet article du Monde : http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2007/10/20/kisho-kurokawa_969278_3382.html
5. Voir : http://www.fgautron.com/weblog/archives/2007/06/06/les-metabolistes/
6. « スタジオで作ったものを持ってくるだけだと「明日展」というより「昨日展」という感じがしたので、どうせならちゃんと「明日」や「未来」を語るための展示をしたいと考えました。そこで、今回は展覧会場で「人生で一番最後に作る作品の一部を決めるための練習や推敲をしている」予定です。 », extrait de l’encart descriptif de la salle consacrée à Amemiya Yôsuke.
7. « 誰が決めたのか「DOMANI・明日展」という「明日」というイタリア語に「明日展」とかぶせる「孤独なロンリーボーイ」状態を、笑っていいのかわからぬまま、それを隠すようにしかめっ面をしているところです。», extrait de l’encart descriptif de la salle consacrée à Amemiya Yôsuke.
8. « まず粘土で彫刻を作ります。», extrait de l’encart descriptif de la salle consacrée à Nakatani Michiko.
9. « そこに存在していた土の彫刻は姿を消し、残るのはそこにあったものの痕跡。空虚。», extrait de l’encart descriptif de la salle consacrée à Nakatani Michiko.
10. Littéralement, « peinture de style japonais ».

2 Commentaires

  • Kamome 24 février 2018 at 19 h 51 min

    Merci, c’était très intéressant !

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    • Coline 26 février 2018 at 6 h 58 min

      Merci de nous avoir lu, et de ton retour, Kamome. 🙂

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