Les gorges aux érables et aux cerisiers : Shôsenkyô✿ Lecture : 17 min

Dimanche 12 novembre, 20h, je peaufine notre sortie derrière mon écran d’ordinateur. Une vérification sur un site d’information concernant l’avancée du kôyô (紅葉, litt. : feuille rouge) me confirme que nous serons dans la bonne période pour notre visite. Un rapide coup d’œil au niveau de la météo : « Ok! Une belle journée se profile ». Enfin la traditionnelle estimation du temps de trajet, et des divers changements à faire au niveau de nos trains. Après quelques échanges avec Coline nous partons nous coucher sereinement à 22h, parce que la journée de demain risque d’être chargée et commencera à 6h.

Lundi 13, le réveil sonne. Le temps pour nous de nous habiller et de déjeuner puis nous voilà partis en direction de notre fidèle station de Nishi-Magome. Dehors, le soleil est déjà bien haut et commence à nous réchauffer petit à petit. Aujourd’hui nous nous dirigeons vers la préfecture de Yamanashi (山梨県) ; plus particulièrement, vers la ville de Kôfu (甲府). Une excitation toute particulière s’est emparée de nous à l’idée de ce voyage, puisque Yamanashi est la région qui borde le mont Fuji sur son flanc nord. Ce volcan est pour moi l’une des plus belles rencontres que j’ai pu faire dans ce pays lors de mes précédents séjours ; son aspect majestueux, sa forme si singulière, et sa hauteur le placent comme un repère dans le paysage du Kantô, et en font une présence sereine, à la fois familière et mystérieuse. Je ne peux expliquer pourquoi, mais le simple fait de savoir que je vais avoir l’opportunité d’entrevoir sa silhouette m’enthousiasme et me réconforte à la fois. Et, au vu de la météo du jour, nul doute que nous aurons la possibilité de le contempler.

 

Un petit train, deux petits trains , trois petits trains, trains, trains

Un changement à la gare de Shinjuku (新宿), et nous voici embarqués sur la ligne de JR, Chuô. Comme à notre habitude nous favorisons, lors de nos premiers trajets, les trains « normaux » dits « 普通 » aux « limited express » (« 特急 ») (voir notre article sur les transports au Japon), pour deux raisons simples :

  • Le coût du trajet n’est pas le même (sur cette ligne-ci en particulier cela varie du simple au double).
  • Le rythme des trains normaux nous permet, lors de la découverte d’une ligne et de son trajet, de repérer toutes les possibilités de visites et les endroits pouvant nous intéresser lors de futures escapades.

Cela amène bien sûr aussi sont lots de désagréments et de petites complications ; outre le fait de prendre, bien évidement, un temps plus long pour couvrir l’intégralité de la distance, les trains « normaux » nécessitent souvent un changement (puisqu’ils couvrent rarement la totalité de l’itinéraire désiré), et ce sont également ceux utilisés pour le parcours de courtes distances, donc notamment par les salariés – il n’est donc pas anormal qu’ils soient bondés aux heures de pointe.

Ce qui nous fait revenir à notre arrivée dans la voiture numéro 8 du train en partance pour Takao, et à un léger sentiment d’étouffement quand nous nous engouffrons dans celle-ci. Quand je dis léger je pèse mes mots, mais sur le coup, l’évidence nous frappe en pleine figure (pour rester poli!). Nous sommes un lundi matin, il est 8h, ce qui veut forcément dire que nous prenons les transports en même temps que la multitude de travailleurs partis commencer leur semaine. Moi qui espérais trouver une petite place assise pour observer les alentours, c’est raté. Surtout que si Coline a la possibilité de voir en position debout par les immenses fenêtres, si particulières des rames de trains japonais, je suis malheureusement, du fait de ma surcharge au niveau de ma taille (attention, je parle de hauteur, pas d’embonpoint au dessus des hanches), trop grand pour pouvoir contempler le paysage! Le seul moyen se résume pour moi à me courber, ce qui, dans notre cas présent et vu l’espace me rapprochant des mes voisins, ne m’était pas permis.

Bref, après 20 minutes, quand Coline m’interpelle en me disant qu’elle croit apercevoir un sommet au loin, je ne peux m’empêcher d’outrepasser le petit espace d’intimité que je m’étais alloué, pour pencher ma tête vers la fenêtre et profiter du premier spectacle de la journée. Nous sommes seulement à quelques kilomètres de notre point de départ et pourtant, dans une banlieue tokyoïte composée de maisons individuelles et de quelques immeubles éparses, se dégage au loin sa majesté, le mont Fuji, qui brille d’un blanc limpide en son sommet, avec le soleil se reflétant sur les premières neiges qui, en cette période de l’année, commencent à recouvrir son sommet. Le spectacle durera quelques minutes, puis nous rapprochant des premières chaînes montagneuses qui bordent l’ouest de Tokyo, il disparaîtra complètement derrière celles-ci. Bien que charmé par ces premiers instant de rapprochement avec le volcan, je ne peux m’empêcher de constater que le rapprochement avec mes voisins, lui, ne diminue pas d’un poil ! Je me demande alors ce qui peut bien se trouver aussi loin du centre de Tokyo pour concentrer autant de salariés dans un même wagon. Sans avoir trouvé de réponse, nous constatons amusés que l’intégralité des voitures se sont vidées, seulement deux arrêts avant le terminus de cette ligne. De quoi nous laisser reposer nos gambettes en vue du reste de la journée.

Nous changeons ensuite de train à Takao, petite station en bordure de montagne, dans laquelle nous trouverons une immense sculpture à l’effigie d’un masque de nô1Le nô est une forme de théâtre classique japonais qui allie poésie, danse et musique.. La suite du trajet contraste radicalement avec son commencement. Ici, plus de costume ni d’uniforme, les quelques passagers présents avec nous sont soit en tenue de randonnée soit habillés de manière décontractée. Mais ce qui nous marque plus que l’habillement des voyageurs, c’est surtout le décor nous entourant qui vient, comme dans une pièce de théâtre, de changer du tout au tout. Fini les quelques restes de ce qui pouvait encore nous lier avec la capitale nippone, nous nous déplaçons désormais entre les chaînes de montagnes dans des vallées qui se parent de multiples couleurs au fur et à mesure que nous avançons sur notre itinéraire. Il nous aura donc fallu moins de deux heures pour sortir des méandres du labyrinthe tokyoïte, et je dois vous avouer qu’une partie de moi s’est soudainement ranimée. Enfin la campagne, enfin la montagne, enfin la nature. Sans trouver la vie citadine indigeste, je reconnais sans peine ma préférence pour les paysages champêtres et montagneux – et peu importe si, pour le confesser, je dois affronter les foudres des habitants de la capitale qui, dans le cas de beaucoup de nos connaissances, semblent vouer une sorte de culte au béton armé et aux bouches de métro bondées. J’aime la nature japonaise et son énergie sauvage, sa façon unique d’occuper la moindre parcelle de terrain qui n’est pas encore utilisée par l’homme, et la magie des spectacles qu’elle propose selon l’époque de l’année.

Tout en contemplant par la fenêtre du train les arbres dans leur beau manteau d’automne, couleurs orange, vert, jaune, rouge, mon esprit fatigué par le début de la journée et bercé par la chaleur du soleil qui perce à travers la vitre s’endort à peu à peu. Je ne verrai pas l’entrée dans la plaine de Yamanashi, mais ces quelques agréables minutes de repos vaudront plus en termes de récupération que des heures de sommeil dans mon lit. C’est Coline qui me réveille quelques minutes avant notre arrivée, pour me faire profiter de notre seconde rencontre de la journée avec notre compagnon de route, le mont Fuji. Nous ne sommes plus séparés de l’immense volcan que par une cinquantaine de kilomètres. Toujours caché en parti par d’autres montagnes, il n’en paraît pas moins imposer sa stature sur celles-ci, sans pour autant vouloir asseoir une dominance sur les plus petites ; imperturbable et bienveillant, il semble au contraire prendre soin de tout l’ensemble de monts l’entourant.

Un sommeil profond bercé par les rayons du soleil à travers la vitre.

Alors que nous discutons de tout ceci avec Coline, un homme en tenue d’ouvrier, comprenant que l’objet de notre enthousiasme  est le profil du volcan à l’horizon, nous adresse un sourire aimable, comme si le simple intérêt porté à cette entité, divine dans ce pays, avait crée un lien entre nous.

Il est 11h50, nous venons d’arriver en gare de Kôfu. A peine sorti de la rame et des quais, nous ne savons plus ou donner de la tête. Des dizaines de boutiques et échoppes de nourritures nous ouvrent leurs portes, et l’heure du repas approchant, c’est avec joie que nous acceptons ces mains tendues. Il nous faudra quand même plus de 15 minutes pour faire notre choix et nous repartirons chacun avec deux jolis bentos. Direction maintenant la gare routière, pour trouver le bus qui nous conduira à notre destination du jour. Ah oui! J’avais failli oublié de vous en parler, mais aujourd’hui, nous partons visiter les gorges Shôsenkyô.

 

Les gorges Shôsenkyô

Notre bus part à 12h30, nous en profitons rapidement pour nous promener aux alentours de la gare et découvrir quelques rues de Kôfu. Sans être d’un charme exceptionnel, cette petite ville qui s’étend dans la plaine de Yamanashi, n’en reste pas moins sympathique et offre tout ce que peut attendre un voyageur souhaitant un point d’étape avant de partir se promener. Bien que n’étant pas le plan pour lequel nous avons opté cette fois-ci, nous y réfléchirons peut-être à l’avenir pour une future visite.

12h25, il est temps pour nous de retourner sur le quai numéro quatre et attendre notre car. Il faudra une trentaine de minutes à celui-ci pour nous déposer à Shôsenkyô-guchi, début de la randonnée dans les gorges du Shôsenkyô.

Si nous avons choisi cet endroit, c’est parce qu’il est réputé comme étant l’un des plus beaux du Japon pour la contemplation des kôyô. Moins connus que le fameux spectacle privilégié par les touristes et les japonais au printemps qu’est le hanami2Contemplation des fleurs de cerisiers., à l’automne ce sont, en effet, les érables et leurs feuilles rouges, oranges et jaunes qui s’offrent au regard et attirent les spectateurs. Et, vous pouvez me croire, cette période de l’année haute en couleur vaut largement celle des cerisiers.

Voici le chemin emprunté au cours de notre promenade.

Et, d’ailleurs, lorsque je parle de « contemplation », je pèse mes mots : à peine sortis du car, nous nous retrouvons sur un pont d’où nous apercevons, entre toutes ces couleurs plus vives les unes que les autres, les gorges qui se présentent à nous. Le soleil se faufilant entre les branches et les feuillages donne aux versants de la vallée un aspect vivant, tout semble se mouvoir et se déplacer au grès de ses rayons. Le bruit de l’eau et de la rivière finit de venir nous charmer, et nous entamons notre chemin, envoûtés par cette atmosphère, nous arrêtant tous les dix mètres pour prendre quelques clichés et observer les différentes nuances de couleurs sur les branchages. Nous nous arrêtons assez vite pour pique-niquer sur un rocher en bordure de la rivière. Les bentos fait-main achetés plus tôt à la gare de Kôfu nous offrent eux aussi leurs plus belles couleurs et leurs plus douces saveurs. Après dix petites minutes, nous nous remettons en marche. La suite de la randonnée (qui se fait tout de même sur une route, et non sur un chemin de terre) nous guidera à travers la forêt en longeant le cours d’eau. Émerveillés à la vue de chaque érable, nous prenons le temps de profiter de ce magnifique spectacle. Une première étape du Shôsenkyô est le point de vue proposé sur deux pics. L’un, très abrupte et acéré, se démarque du paysage par sa hauteur et sa forme particulière, tandis que l’autre, plus arrondi mais très haut également, ressemble sur son flanc à une fresque naturelle ; les couleurs de la roche formant une sorte de dessin. Le tout, bien évidemment entouré de toutes les couleurs de l’automne, donne à cette scène un aspect unique et agréable à contempler. Tandis que nous poursuivons notre chemin en appréciant la variété de teinte que nous offre la végétation, nous croisons quelques rassemblements de baraques destinées à la restauration des promeneurs, et à la vente de souvenirs. La balade se termina sur une jolie cascade et, un peu plus haut, une petite série de boutiques proposant les mets et spécialités de la région. A ce stade de notre promenade, les visiteurs se sont fait plus nombreux, et nous croisons quelques jeunes couples qui profitent des lieux et rites “porte-bonheur” du coin ; deux d’entre eux s’essaient notamment à une activité qui consiste à lancer de petits cailloux dans une fontaine, en visant l’inscription pour laquelle on souhaite voir sa chance augmenter – amour, études, santé, etc.

Ici le point de vue sur les deux fameuses roches ou pics.

 

La colline aux promesses

Le soleil étant déjà bien avancé, la vallée plongeait dans l’ombre dès 15h30. Mais le temps restant dégagé, nous décidons avec Coline de payer les 1200 yens par personne pour utiliser le téléphérique censé nous déposer en haut du massif. Le temps de la montée, la guide nous décrit l’histoire des environs, nous indique le barrage en contre-bas, tout en ne manquant pas de nous indiquer la vitesse à laquelle progresse l’appareil et l’altitude du point d’arrivée – le même discours ayant lieu dans les ascenseurs de certains buildings Tokyoïtes, nous commençons à retrouver les éléments de langage! puis nous invite à saluer de la main les voyageurs qui prenaient le chemin du retour dans l’autre rame (un franc moment de rigolade lorsque l’on s’aperçut que eux aussi avaient reçu comme consigne de nous saluer, ce qui rendit la situation plutôt cocasse).

Le trajet ne prendra que quelques minutes et arrivés sur les hauteurs, c’est sous un ciel bleu que nous sortons tous les deux du bâtiment, prêts à profiter du point de vue proposé.

Un rapide coup d’œil à droite nous permet d’observer un joli petit sanctuaire avec son torii et ses couleurs blanches et rouges ; en face de nous, une stèle représentant la carte des environs nous donne les noms des différents monts et montagnes se trouvant face à nous.

Enfin, sur notre gauche apparaît, comme tant espéré, le Fujisan. Cette troisième rencontre de la journée sera pour nous la plus marquante. Je n’avais encore, jusqu’à présent, jamais eu l’occasion de pouvoir l’observer depuis un lieu en hauteur, et il m’est apparu que la présence imposante qu’il pouvait donner de la plaine et dans le train n’était rien à côté de ce qu’il peut dégager depuis un point de vue plus élevé. Nous restons là quelques minutes à le regarder puis, au vu du temps restant avant le coucher du soleil, nous décidons de partir nous promener sur un petit chemin qui se dessine sur notre gauche. En s’engouffrant dans ce petit sentier, nous ne pouvons nous empêcher de regarder en direction du mont Fuji, guettant chaque apparition entre les pins, ou derrière les rochers, qui nous paraissent toutes comme une nouvelle façon de l’appréhender. Un peu comme si nous souhaitions connaître toute ses facettes. Mais petit à petit, notre regard se porte aussi sur les paysages alentours. La vallée derrière nous semble incarner avec exactitude la particularité des Alpes japonaises : les montagnes, moins abruptes que les pics français des Alpes ou des Pyrénées, sont couvertes jusqu’à leur sommet de végétation, tandis qu’ici et là de petits valons se regroupent pour mener doucement mais sûrement vers les hauteurs. Après plusieurs minutes de marche quelque peu sportive (surtout sur la fin ; je déconseille notamment une partie du sentier aux personnes souffrant de vertiges), nous finissons notre course sur un immense rocher perché au dessus des arbres. Le panorama à 360° qui se déploie depuis cet endroit, magnifique, me laissera sans voix je ne peux que vous inviter à venir découvrir par vous même ce lieu, tant le ressenti en cet instant précis était indescriptible. Je me suis senti vivant, tout simplement.

Le soleil bascule peu à peu derrière les chaînes de montagnes à l’ouest. Malheureusement pour nous, un peu comme à son habitude, le capricieux mont Fuji s’est couvert de nuages, et cachera sa silhouette jusqu’à la fin de la journée. Mais après le spectacle dont nous avons profité aujourd’hui, nous pouvons lui laisser avoir le dernier mot. Malgré cette petite déconvenue, le restant du couché nous offrira de derniers sublimes paysages, avec notamment la plaine en contrebas qui passe doucement de la lumière orangée à l’ombre, puis s’illumine petit à petit à nouveau. 16H30, l’heure pour nous de repartir vers le téléphérique, afin de ne pas rater le dernier voyage en direction de la station en contrebas. Nous quittons, heureux, Yakusoku no Oka (約束の丘 ; litt. La colline aux promesses).

Arrivés dans le petit hameau rempli de boutique, dans la vallée désormais déserte, nous nous dirigeons vers l’arrêt de bus censé nous ramener à Kôfu. Il est 16h45 et le prochain car passe à 17h30. Diable, il est tard, il commence à faire froid… que faire de ce temps imparti ? Un chauffeur de taxi se dirige alors vers nous et nous adresse la parole. Il nous explique que si nous partageons le trajet avec deux autres personnes, le coût du trajet reviendra au même que celui du bus, pour un temps deux fois plus court, et nous demande si nous accepterions de rester dans les environs au cas où il réussirait à trouver deux personnes de plus. Avec le recul je me rends seulement compte en écrivant ces lignes, de la démarche réalisée par celui-ci : il est venu de lui même discuter avec deux étrangers, qui pouvaient potentiellement être des clients, en leur expliquant qu’ils gagneraient en temps et en argent si ils lui laissaient quelques minutes de plus pour trouver deux autres personnes. Seulement cinq minutes après notre conversation, deux jeunes japonais que nous avions déjà croisé au cours de notre randonnée arrivent sur le parking et acceptent la proposition ; c’est ainsi que nous montons tous les quatre en direction de la gare de Kôfu. Le trajet est riche en histoire : le chauffeur présente d’abord les différents lieux à visiter dans la région  l’homme, d’une vingtaine d’années, qui nous accompagne l’interroge d’ailleurs sur l’existence de sanctuaires ou temples dédiés à la bonne santé dans les environs, ce qui se conjugue pour nous à l’image des gens aperçus plus tôt faisant leurs vœux avec des cailloux, et nous donne une idée nouvelle de la manière dont les jeunes apprécient leurs voyages touristiques , puis Coline commence à échanger en japonais, et nous finissons par nous présenter et discuter de la France, du Japon etc. pendant presque quinze minutes. Le taxi s’arrêtera même pour nous sur un coin de la route en flanc de montagne pour nous laisser contempler les lumières de la ville en contrebas ; splendide.

Quand nous arrivons vers 17h45 à la gare, il fait nuit noire. Le temps de remercier et de dire au revoir au taxi et à nos compagnons de route, puis nous nous dirigeons vers les quais, mais pas ceux de la gare ferroviaire. Nous avons décidé de tester le retour en bus, qui a le mérite d’être plus rapide et moins cher que le train. L’inconvénient étant qu’au vu de la façon dont son structurées les autoroutes au Japon, on ne voit strictement rien depuis celles-ci, si ce n’est un grand mur. Mais bon, il fait nuit, alors à quoi bon tenter de profiter d’un paysage que nous ne verrons pas ou très peu ! Le car pour Shinjuku part à 18h30, parfait, de quoi nous laisser le temps de retourner acheter notre repas du soir. Notre choix se porte sur des sandwichs de tonkatsu, appelés “katsu-sando” (un régal) ; nous nous procurons aussi quelques gourmandises des environs que nous enverrons en France.

Le trajet prendra un peu plus de deux heures et nous arriverons peu avant 21h à Tokyo.

Cette visite restera incontestablement l’une des plus belles sorties que j’ai pu faire au Japon depuis mon premier voyage en 2010. Je ne saurais que trop vous la conseiller, surtout si vous avez la possibilité de vous rendre sur les lieux durant la période des kôyô, mais également sur celle des sakura puisque l’endroit est aussi réputé pour posséder de nombreux cerisiers.

En espérant que ce récit, certes émotionnellement parlant très riche, mais fidèle au rendu que nous aura laissé notre journée, vous donnera vous aussi envie de venir flâner dans les gorges du Shôsenkyô.

 

[A lire aussi sur ce sujet : Shôsenkyô – épilogue : les 36 vues du mont Fuji ]

 

Galerie :

En bref :

 

Le lieu : Shôsenkyô (kanji : 昇仙峡)

Site de la ville : https://www.shosenkyo-kankoukyokai.com/en/

Durée de notre visite : 4 heures 30 minutes

Transports (Depuis Shinjuku) : Chuô line jusqu’à Kôfu, 2 heures, 2450 yens/personne. Une fois à Kôfu dirigez vous au sud vers la gare routière pour emprunter un bus direction shosenkyo-guchi (昇仙峡口), 30 minutes, 540 yens/personne.

Manger : Si nous avons fait le choix d’acheter nos repas à la gare avant de partir pour les gorges, sachez qu’il est possible de se rassasier sur place puisque toutes une série d’échoppe sont présentes le long de la randonnée. Néanmoins l’un de notre coup de cœur pour la journée, sachant que le format est pratique pour emporter et manger sur le pouce, reste indubitablement les “katsu-sando” .

Coup de cœur : Prendre le téléphérique arrivé à la fin de la randonnée (qui se nomme Ropeway) et profiter du panorama sur côté nord sur les vallées environnantes et côté sud sur la plaine de Yamanashi et le mont Fuji.

 

Notes   [ + ]

1. Le nô est une forme de théâtre classique japonais qui allie poésie, danse et musique.
2. Contemplation des fleurs de cerisiers.

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