Un sanctuaire entre les gratte-ciels : Shinagawa-jinja- Lecture : 4 min

 

Aujourd’hui, on inaugure une nouvelle catégorie du blog !

 

En se promenant après avoir déposé notre demande de certificat d’éligibilité (première étape avant la demande de visa rapprochement familial) auprès du bureau de l’immigration, nous sommes tombés sur une perle, un bijou, une pépite, comme on dit.

Un jinja ! Alors non, il ne faut pas confondre avec un individu louche complétement vêtu de noir, qui agirait dans l’ombre pour parvenir à son objectif…. Je vous parle de jinja (神社), qui est le terme employé au Japon pour nommer les sanctuaires shintoïstes, et qu’il ne faut pas confondre avec otera (お寺), qui, lui, désigne les monastères bouddhistes.

Nous reviendrons dans un futur article sur les particularités religieuses présentent sur le territoire japonais.

Ledit torii

Nous nous dirigions tranquillement vers la gare de Shinbamba pour prendre le train direction Nihonbashi, quand, Coline, très inspirée comme à son habitude, me pointe un torii (portique de pierre, de bois ou de bronze, à la forme très reconnaissable qui marque le seuil d’un espace sacré dans la religion shinto) qui trône de l’autre côté de la rue, et m’invite à se rapprocher de ce qui ressemble à un sanctuaire shinto. A Tokyo, on trouve de ces édifices un peu partout, si bien que l’on passe souvent devant sans y prêter plus d’attention ; mais aujourd’hui, nous avons un peu de temps, après tout, pourquoi pas?

En arrivant au pied de l’édifice, nous remarquons des particularités assez étonnantes pour un torii. En effet, tandis que d’habitude la forme générale de la porte est très simple, peu ou pas de fioriture, ici, la structure intégralement construite dans la pierre est sculptée au niveau de ses piliers. On y retrouve des dragons qui grimpent et viennent se nicher en haut de son « toit ». Fascinés par notre découverte et par cette singularité qui pique notre curiosité, nous décidons de grimper la cinquantaine de marches qui devraient (si j’utilise le conditionnel c’est que nous ne voyons rien de plus que les marches depuis notre point de vue) nous mener au cœur du sanctuaire.

Surprise ! Au beau milieu du quartier de Shinagawa, qui est un quartier économique très important de Tokyo (de nombreuses grosses compagnies japonaises ont leur siège dans les environs), et entre les immeubles de vingt à trente étages, nous découvrons un espace à l’atmosphère unique – isolé dans ce petit coin perdu, comme hors de notre monde. Nous entamons tranquillement notre visite des lieux, qui sont beaucoup plus grands et vastes que nous ne pouvions l’imaginer au pied des marches. Une ambiance de calme et de sérénité se dégage de l’endroit. Le bruit des voitures et des voix automatisées qui rythme la vie tokyoïte a été remplacé par le murmure du vent sur le parc qui entoure le sanctuaire. Les quelques visiteurs des lieux nous saluent respectueusement sur leur passage, et s’effacent au loin, aussi tranquillement qu’ils sont apparus à nous. Très vite, nous nous retrouvons seuls, à profiter du spectacle offert par ces vieilles constructions.

Un pur moment de bonheur.

On se surprend à flâner chacun de son côté, prenant des clichés au hasard. On se laisse apprivoiser par ce petit coin de paradis, préservé de manière remarquable dans la capitale nippone. Coline, remontant d’un chemin où j’étais précédemment passé me regarde enthousiasmée, des étoiles dans les yeux, en me décrivant une petite maison nichée plus bas. J’ai beau me souvenir de l’édifice, je n’avais pas osé m’aventurer à l’intérieur, mais une fois les explications terminées, je ne peux m’empêcher de retourner sur mes pas et découvrir ce trésor perdu entre les pierres. Après être passé sous une série de toriis suivant un escalier, je me retrouve une nouvelle fois devant cette petite bicoque en bois, deux statues de renards (kitsune en japonais) montent la garde et veillent sur les lieux. En me faufilant à l’intérieur, des lanternes rouges illuminent ce qui semblent être de petits autels en forme d’édifice religieux. Sur ma gauche se trouve un chôzuya, une petite fontaine présente dans tous les sanctuaires ou temples japonais, qui sert à se purifier les mains ou la bouche à l’aide d’un instrument cylindrique en bois. Petite particularité que m’avait précisée Coline : la maison possède une ouverture derrière la fontaine qui donne sur un espace fermé où l’on peut profiter d’un petit jardin aménagé avec un ruisseau (qui rejoint le chôzuya) et des statues en pierres. Le décor est simple et beau à la fois, et c’est ému par cette configuration toute particulière que je regagne le centre du sanctuaire.

L’intérieur de la petite bicoque

Coline et moi échangeons nos impressions, puis repartons souriant, ravis de notre visite et de la découverte de cet endroit, qui s’est offert à nous en cette douce matinée du mois d’octobre et nous a apprivoisé pour mieux nous laisser repartir.

Je vous invite, à votre tour, à venir découvrir ce petit coin perdu dans Shinagawa.
Ainsi, pourrez-vous peut-être un jour, vous aussi, vous laisser charmer par ce ravissant jinja.

 

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About The Author


Sylvain

Diplômé d'un master LCE Japonais. Après un premier voyage en 2010 et une année d'échange à Nagoya (NUFS Nagoya University of Foreign Studies), je profite actuellement des études de ma compagne, pour venir parfaire mes connaissances de la langue et de la culture japonaise.

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